Les créateurs  #2 Madeleine Vionnet. 

Aujourd’hui j’ai envie de vous parler d’une créatrice qui m’était totalement inconnue il y a encore quelques jours  :  Madeleine Vionnet. 

J’ai découvert son nom dans un livre dédié aux grands créateurs et tous faisaient référence à Mme Vionnet. 

Azzedine alaïa dit d’elle  » Madeleine Vionnet, à qui je voue un véritable culte,incarnait déjà la modernité en son temps. Elle a eu des coups de génie : son esprit de la coupe , ses drapés , la souplesse et le tombé de ses robes ont influencé beaucoup de créateurs aujourd’hui.  »

Née le 22 juin 1876, elle fut l’une des plus grandes couturières francaises du XXe siècle surtout durant la période de l’entre deux guerres. 
Sa principale innovation fut l’emploi systématique du tissu dans le sens du biais. L’étoffe ainsi employée présente un meilleur tombé et moule souplement les formes du corps ;  mieux encore, le biais confère à la robe drapée une élasticité qui lui permet d’épouser les gestes, d’exalter la silhouette féminine en mouvement. Cela permis une veritable transformation de la silhouette et de l’esthétique féminin. 

Elle fût aussi pionnière dans l’art du drapé libre en réduisant les coutures et les attaches ( bien avant Madame Grès) . 

Elle avait un lien très fort avec les les artistes décorateurs de l’époque et  à aussi beaucoup travaillé sur les formes géométriques comme le carré et le rectangle ainsi que le cercle. Elle utilise une gamme de couleurs réduites   : le rouge , le jaune et chaque collection comporte des modèles en blanc et en noir. 

Après des débuts difficiles dans la couture à Paris, elle part vivre à Londres et rentre dans la maison de couture Kate Reuilly en tant que lingère et y apprends la technique des grands tailleurs britanniques, notamment ceux de Savile Row. 
En 1900 fascinée par Isadora Duncan et ses formes libres , elle explore l’art du drapé qu’elle maîtrisera si bien qu’un an plus tard elle sera engagée comme 1ere dame dans une des plus célèbres maisons du Paris de l’époque :  celle des soeurs Callot. 


Par la suite c’est chez Jacques Doucet qu’elle supprimera définitivement l’usage du corset ( une révolution ( attribué à Paul Poiret ) dans la mode du debut du 20eme siècle ). Doucet lui confie le soin de rajeunir sa maison,mais en proposant aux mannequins de marcher nu-pieds vêtues de robes souples qu’elles portent à même le corps elle se heurte aux réticences de la maison et decide de voler de ses propres ailes.

C’est en 1912 qu’elle decide d’ouvrir sa propre maison au 222 rue de Rivoli ou tout Paris s’y presse et ou elle  invente notamment le manteau de ville. 
Deux plus tard, la première guerre  mondiale la contraint à fermer sa maison mais elle continue à travailler.

Les modèles de 1917 à 1919 sont d’ailleurs parmi ses plus audacieux .

Lors de sa réouverture en 1918 elle impose sa modernité et fait succès. Elle fait appel à un réel esprit avant gardiste. Soucieuse du bien-être de ses employés, sa maison de couture offre differents services sanitaires et sociaux pour le personnel et leur famille  :  une cantine, un cabinet médical et dentaire et une crèche. Elle accorde des congés payés et maternités  bien avant que les lois n’entrent en rigueur. 
Madeleine Vionnet se différencie par la façon originale dont elle compose ses modèles :  elle a recours à un petit mannequin articulé en bois sur lequel elle drape l’étoffe, ou parfois essaie ses idées directement sur elle-même.

En 1952 , elle fait une donation exceptionnelle a l’Union Francaise des Arts du costume qui rassemble 122 robes , 750 toiles patrons et 75 albums photo. Par cette démarche elle fut la première couturière à avoir conscience de la nécessité de conservation de son patrimoine relevant de l’intérêt collectif. Ce fond est conservé aujourd’hui par les arts décoratifs. 

En 1940 sa maison de couture fera faillite et elle mourra en 1975 . 

En 1988 le nom Vionnet à été racheté par la famille Lummen qui réinstalle la maison au 21 place Vendôme en 1996. 

« Madeleine Vionnet a symbolisé l’apogée de la haute couture  » Jean Paul Gaultier. 

« Tout le monde,qu’il le vieille ou non , est influencé par Vionnet  » Karl Lagerlfeld.

« Ce furent Madeleine Vionnet et Jeanne Lanvin qui transformerent la profession de couturièr en bâtissant de leurs propres mains et de leurs ciseaux les modèles de leurs collections. Elle (MV)  avait le génie de l’emploi du tissu et inventa la coupe en biais qui devait mouler souplement les femmes d’entre les deux guerres. Les robes purent se passer des garnitures de 1900 et des motifs décoratifs de Paul Poiret. Seule la coupe importait :  le reste devenait superflu. Elle peut être considérée comme la créatrice de la mode moderne. 

Je vous souhaite un bon dimanche et espère que vous avez appris un peu plus sur l’art de la haute couture que j’affectionne tant   ! 
Love and Chocolate 

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